Jane Eyre

À la mort de ses parents, la jeune Jane Eyre est recueillie par sa tante. Celle-ci la traitera toujours comme inférieure par rapport à ses cousins, et l’enverra en pension pendant 8 ans. Là-bas, elle sera témoin d’injustices et de souffrances, qui forgeront son caractère fort et insoumis de jeune femme. Pour échapper à sa condition, elle répond à une annonce et devient la gouvernante d’une jeune fille, au service de M. Rochester, un riche propriétaire au caractère exécrable. Petit à petit, chacun va développer des sentiments amoureux envers l’autre…

L’amour plus fort que tout

La littérature classique anglaise du XIXe siècle semble fasciner les cinéastes anglophones. Après les innombrables adaptations des romans de Jane Austen, c’est maintenant au tour des sœurs Brontë de se retrouver sous les feux des projecteurs (la sortie de l’adaptation des « Hauts du Hurlevents » par Andrea Arnold, présentée à Venise en 2011, étant également prévue pour cette fin d’année).
Pour donner vie à ce roman, Cary Fukunaga (dont c’est le second long métrage après « Sin nombre ») propose un casting assez exceptionnel : Mia Wasikowska, découverte dans « Alice au pays des Merveilles » de Tim Burton et « Restless » de Gus Van Sant, et Michael Fassbender, dont le seul nom suffit à faire déplacer les foules. Sans oublier Judi Dench.
Mia Wasikowska interprète une Jane Eyre érudite, sauvage et réfléchie. Impressionnante par son aplomb et l’intensité déstabilisante de son regard,  elle joue à la perfection cette jeune femme qui préfère s’imposer une vie monacale, plutôt que de se manquer de respect, à elle même comme aux codes de la bienséance. Face à elle, Michael Fassbender (dont l’apparition dans l’histoire tarde cruellement à venir) fait quant à lui un excellent Rochester, séducteur colérique, passionné et secret. Néanmoins, l’alchimie entre les deux personnages ne semble pas prendre, et l’amour qui devrait les ronger est loin de crever l’écran.
Est-ce du à la narration en flash-back, qui voudrait donner un quelconque suspense ? Ou bien les éléments mystérieux, voire mystiques, se déroulant dans le château qui voudraient ajouter une tension supplémentaire ? Est-ce du à l’austérité des landes anglaises qui plombent le décor, reflet de la complexité des sentiments des personnages ? N’est-ce finalement pas l’histoire en elle même, à laquelle on ne peut que difficilement s’identifier : une jeune fille pauvre qui tombe amoureuse de son riche patron, qui ne voit pas pourquoi il serait intéressé par elle ? Rares sont de nos jours les personnes qui préféreraient refréner leur désir, pour des questions de classe sociale…
Après l’austère version de Zeffirelli en 1996, qui mettait en scène une sublime Charlotte Gainsbourg, cette nouvelle mouture de « Jane Eyre » reste une adaptation correcte, réservée aux amoureux de la littérature anglaise du XIXe siècle (et, chose moins sûre, aux fans inconditionnelles de Fassbender).

Sortie le 25 juillet 2012

Article écrit pour Abus de ciné.com

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