Enter the void

Oscar et Linda sont frère et soeur. Séparés dans différents foyers après la mort de leurs parents, Oscar a trouvé refuge à Tokyo, où il est devenu un junkie et dealer, abusant largement des paradis artificiels. Rejoint par Linda, ils vont enfin être réunis, comme ils se l’étaient promis, veillant l’un sur l’autre. Jusqu’au jour où Oscar tombe dans une embuscade policière, dont il sera la cible…

L’errance et le voyeurisme du fantôme d’un junkie

Toujours aussi obsédé par les paradis artificiels et le sexe, Gaspard Noé propose ici une vision de Tokyo à travers les yeux d’un jeune junkie américain, sans repère ni valeur, errant dans la cité japonaise lumineuse. Dès les premières scènes, il nous plonge dans la tête d’Oscar, nous laissant entendre toutes ses pensées et ressentir ses hallucinations. Il nous plonge dans sa tête, en voyant chacun de ses battements de cils et une vision troublée et psychédélique, où son esprit fantasme sur des formes géométriques ou des sortes de cellules de corps humains fluorescentes dans un brouhaha assourdissant. 

Après sa mort, toujours présent dans son âme, nous sommes conviés à errer dans le Tokyo de la nuit, en plongée (effet stylistique contestable), de manière constante, comme si nous flottions au dessus de tout, en silence, que ce soit dans une vision floutée, naturelle ou au fish eye.

Afin d’être certain de choquer son audience, au delà de certaines scènes de sexe qui pourraient mettre mal à l’aise certains, Noé nous invite à être témoin de l’avortement de Linda, nous donnant à observer le curetage, puis le foetus mort sous toutes les coutures. Ensuite, il nous propose d’errer dans un hôtel de passe, tel un voyeur, une séquence de dizaines de couples en plein coït, suivi d’un plan dans le vagin d’une femme, où le sexe de son partenaire, en plein va et vient, libère sa semence pour finir par une séquence où le spermatozoïde arrive à féconder l’ovocite ! La boucle est bouclée, on rigole !

L’une des principales erreurs commises par Gaspard Noé est d’avoir voulu présenté un film à Cannes sans l’avoir réellement fini! Ce n’est pas l’absence de la bande annonce ou de générique qui fait défaut, mais plutôt le manque de soin qu’il a pris à donner une fin à son film, mettant bout à bout ce qui ressemble à 3 versions différentes, parmi lesquelles il ne semble pas vouloir choisir. C’est aussi par la répétition des plans où il entre dans la lumière et ébloui ses spectateurs, qu’il nous agace, utilisant à outrance une technique qui semble pertinente pour certaines scènes et complètement inutiles pour d’autres : au début du film pour nous faire entrer dans l’univers planant d’Oscar, puis par simples répétitions machinales… au delà de l’agacement et de la gène visuelle que cela peut provoquer, au bout d’un certain temps, le propos de ces scènes semblent creux et non nécessaires.

Même les vues de Tokyo, vu du ciel, ou les rues et leurs néons, qui fascinent notre protagonistes, n’ont aucune beauté. Les seuls plans soignés étant ceux des tétons de l’actrice principale, témoin de l’apparente obsession de Noé pour les poitrines généreuses, que ce soit dans des scènes de sexe ou d’allaitement !

Le sujet choisi par Noé de la vision d’un trip par un junkie et de l’errance de l’âme après la mort, ainsi que les similitudes que ces 2 états semblent avoir, auraient pu présenter un intérêt… à la place,  Noé réussit à agacer son audience, faisant l’apologie des drogues dures, d’une sexualité sans désir et en nous entraînant dans une ballade interminable où tout n’est que répétition. De ce supplice de 2h30, 45 minutes semblent passablement inutiles, et ne font que desservir son propos, qui aurait pu être intéressant….

Sortie le 5 mai 2010

Cette entrée a été publiée dans Cinéma. Placez un signet sur le permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *